25 mai 2009
Pope2you
Le Vatican se met à la page...
Le Vatican se donne les moyens de diffuser les vidéos et les messages du Saint Père, Benoit XVI, par le biais de ce portail internet www.pope2you.net .
Cela permettra d'avoir un moyen supplémentaire, malheureusement hors des grands médias, de se laisser capter par les messages du successeur de Pierre et ce, à la pointe de l'ère numérique (Faebook, you tube etc...)
"Jeunes en particulier, j'en appelle à vous : portez témoignage de votre foi par le monde numérique !", a demandé Benoît XVI dans un "appel" en anglais lancé à la fin de l'audience générale, place Saint-Pierre, à l'occasion de la Journée mondiale des communications sociales célébrée dimanche par l'Église. Le pape a aussi "invité" ceux qui utilisent les nouvelles technologies de communication, spécialement les jeunes, à le faire "d'une manière positive" et à mettre à profit "le grand potentiel de ces techniques pour construire des liens d'amitié et de solidarité qui puissent contribuer à rendre le monde meilleur".
"Promouvoir une culture de respect"
Relevant que ces nouvelles technologies ont entraîné des "changements fondamentaux" dans la façon dont les informations sont diffusées et dans la manière de communiquer, le pape a souhaité "encourager" les internautes "à être attentifs à maintenir et promouvoir une culture de respect, de dialogue et d'amitié authentique où les valeurs de la vérité, de l'harmonie et de la compréhension mutuelle puissent s'épanouir". Dans le cadre de cette journée, promue par le concile Vatican II en 1963 pour sensibiliser les chrétiens aux problématiques de la communication, le Vatican, déjà présent sur le site de partage YouTube, a lancé jeudi un nouveau site Internet destiné aux jeunes.
"Du pape à toi"
Mis au point sous l'égide du Conseil pontifical pour les communications sociales (CPCS), le site www.pope2you.net ("du pape à toi") est notamment connecté au réseau social Facebook ou à la chaîne H2O News. Le message du pape pour cette journée des communications sera expliqué en cinq langues (italien, français, espagnol, anglais et allemand). À travers le lien Facebook, le site permettra d'envoyer des cartes postales virtuelles de Benoît XVI à des jeunes, accompagnées d'un message du pape.
Sur "Wikicath", ils trouveront, sous une forme similaire à celle de Wikipedia, le message de cette 43e journée consacrée aux nouvelles technologies. Une application de la chaîne d'information H2Onews téléchargeable sur le téléphone portable iPhone sera aussi à leur disposition, tout comme un lien vers la chaîne du Vatican sur le site Internet YouTube, lancée le 23 janvier. Ce site, spécialement créé pour la journée, "n'est pas appelé à perdurer pour le moment. Il faut voir quelle sera la réponse des jeunes", a précisé Mgr Claudio Maria Celli, président du CPCS, cité par la Conférence des évêques italiens.
23 mars 2009
Ce qu'à vraiment dit le Pape....
J'entends trop de conner.... depuis plusieurs jours. La vérité est dans le texte original des propos exacts tenus par note Saint Père. La propagande est vraiment minable. Je ne ferais pas de long discours. Je prie juste pour le Pape qui n'a pas le côté "Showman" de JP II mais qui est un très grand théologien (pour l'avoir un tout petit peu étudié). Que nos prières le réconforte !!
43 % des cathos de France veulent que le Pape démissionne...savent ils seulement ce qu'est et ce que représent le Saint Père ???!!
Mardi 17 mars 2009
Source : salle de presse du Saint-Siège (La Croix)
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Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?
Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est à dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre effort est double : d’une part, renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre ; d’autre part, notre capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, à rester présent dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Nous remercions tous ceux qui le font.
IC
25 décembre 2008
Joyeux Noel à tous...Hodie Christus natus est
20 octobre 2008
Sœur Emmanuelle est morte
La religieuse franco-belge qui a dédié sa vie aux plus pauvres avait 99 ans. Dotée d'un franc-parler remarqué, elle était l'une des personnalités préférées des Français. Ses obsèques auront lieu mercredi.
Soeur Emmanuelle, la célèbre religieuse notamment reconnue pour avoir dédié son existence aux plus pauvres, les SDF français comme les chiffonniers du Caire, est décédée lundi à l'âge de 99 ans. C'est le président d'Asmae-Association Soeur Emmanuelle, fondée par la religieuse, qui l'a annoncé lundi matin.
Soeur Emmanuelle, de son vrai nom Madeleine Cinquin, était née le 16 novembre 1908 à Bruxelles dans un foyer aisé, d'un père français et d'une mère belge. Elle s'est éteinte «dans son sommeil» dans la nuit de dimanche à lundi dans la maison de retraite de Callian, dans le Var, a indiqué une responsable de l'association. «Fatiguée», mais ne souffrant «d'aucune maladie particulière», elle allait célébrer son centième anniversaire le 16 novembre prochain.
Soeur Emmanuelle n'a jamais hésité à médiatiser ses «révoltes» en faveur des plus pauvres en France ou à l'étranger devenant auprès du grand public, un alter ego de l'Abbé Pierre, décédé début 2007. Les Français gardent le souvenir des nombreuses apparitions à la télévision de cette petite femme tassée par l'âge mais le regard toujours malicieux derrière ses grosses lunettes, portant un voile blanc. Dans le dernier classement des personnalités préférées des Français, publié en août par le Journal du Dimanche, Soeur Emmanuelle était classée 6e.
Soeur Emmanuelle, invitée de l'émission Bouillon de Culture en 1996 :
Auprès des chiffonniers du Caire
Diplômée de sciences philosophiques et religieuses, elle prononce ses voeux de religieuse à la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931, renonçant à la vie confortable qui l'attendait. Un an plus tard, Soeur Emmanuelle quitte l'Europe pour enseigner dans les missions des pays de la Méditerranée. Elle découvre la Turquie, la Tunisie et en 1965, l'Egypte. En 1971, à l'âge de 63 ans, elle s'installe dans le bidonville d'Ezbet el-Nakhl, parmi les chiffonniers du Caire. Elle consacre alors toute son énergie à faire construire des écoles, des jardins d'enfants, des dispensaires et oeuvre pour le dialogue avec les juifs et les musulmans. (Voir la vidéo INA)
La religieuse, petite silhouette en blouse grise et baskets, a fondé en 1980 l'association Asmae-association Soeur Emmanuelle qui aide des milliers d'enfants dans le monde de l'Egypte au Soudan, du Liban aux Philippines, de l'Inde au Burkina Faso.
En 1993, à 85 ans, sur ordre de sa hiérarchie, Soeur Emmanuelle quitte l'Egypte et ses «amis les chiffonniers» pour prendre sa retraite en France. La religieuse, qui aurait préféré mourir dans son bidonville du Caire, s'établit dans une communauté de Notre-Dame de Sion dans le Var. Elle consacre désormais l'essentiel de son temps à la prière et à la méditation mais lutte aussi pour venir en aide aux sans-abris et aux sans-papiers.
Légion d'honneur
Soeur Emmanuelle, qui ne se voulait «ni de droite ni de gauche», a publié plusieurs livres, notamment «Richesse de la pauvreté» (2001), «Secrets de vie» (2000), «Yalla les jeunes» (1997), «Le paradis, c'est les autres» (1995). Elle avait publié en août dernier un livre entretien «J'ai cent ans et je voudrais vous dire», dans lequel elle tire les leçons du siècle qu'elle a traversé. La religieuse disait qu'elle n'était pas «une sainte», se décrivait comme «vindicative», «coléreuse» et «un peu féministe». Elle se déclarait une nouvelle fois «pour le mariage des prêtres à 100%», soulignait les vertus de la pilule, dénonçait un monde «triste» car «axé sur le matériel» et révélait avoir été «amoureuse» d'un homme à qui elle a préféré «l'Absolu».
Pour les 100 ans de Sœur Emmanuelle, France 5 devait proposer une émission spéciale, un entretien entre le journaliste Patrick Poivre d'Arvor et la religieuse, le 16 novembre prochain. L'ex-présentateur du journal de 20 heures de TF1 et Soeur Emmanuelle entretenaient des liens étroits. La religieuse avait été distinguée par la Légion d'honneur en 2002. Elle avait été élevée à la dignité de grand officier en février 2008.
Soeur Emmanuelle, dont le décès a engendé de multiples réactions, sera inhumée mercredi au cimetière de Callian, après une cérémonie à la chapelle de la maison de retraite, a indiqué le maire de cette commune François Cavalier.«Conformément à sa volonté, ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité», a précisé son association. La Conférence des Evêques annonce qu'«un hommage lui sera rendu au cours d'une messe de requiem célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris mercredi 22 octobre à 15h». Par ailleurs, ajoute la même source, «une messe en mémoire de Soeur Emmanuelle sera également célébrée, selon ses souhaits, à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse», à Paris, samedi 25 octobre à 10h30.
Source/ Le figaro
13 septembre 2008
Benoît XVI aux fidèles : "Ne vous lassez pas de faire le bien !"
9h30 : Benoît XVI arrive aux Invalides
Après une brève visite à l'Institut de France, le pape est arrivé samedi 13 septembre à bord de sa papamobile sur l'esplanade des Invalides, où il a célébré une messe de deux heures devant 260.000 fidèles (pour voir le diaporama, cliquez sur ce lien) , selon le diocèse Paris et la préfecture de police.
Au début de la messe, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a évoqué la présence d'un "groupe important de jeunes" qui, tout au long de la nuit, ont rejoint l'Esplanade des Invalides, traçant "dans la ville endormie un chemin de lumière, signe de l'espérance que représentent leur foi chrétienne et leur engagement dans la cité".
Benoît XVI a concélébré la messe avec 1.500 prêtres et quelque 90 cardinaux et évêques. Reprenant les paroles de l’apôtre saint Paul, le pape a affirmé dans son homélie que "L'amour de l'argent est la racine de tous les maux" (pour lire le texte de l'homélie, cliquez sur ce lien), "L'argent, la soif de l'avoir, du pouvoir et même du savoir n'ont-ils pas détourné l'homme de sa Fin véritable ?", s'est demandé le pape devant un parterre d’hommes et de femmes politiques dont François Fillon et son épouse, les présidents de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et du Sénat Christain Poncelet, Bernadette Chirac, la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie et la garde des Sceaux Rachida Dati.
Devant une esplanade comble, Benoît XVI a également appelé les fidèles à "fuir les idoles" créées par "le monde contemporain". "L'idole est un leurre, car elle détourne son serviteur de la réalité pour le cantonner dans le royaume des apparences", a-t-il ajouté.
Le pape, près de l'autel réalisé par les jeunes de la Fondation d'Auteuil, a alors mis en garde contre la "tentation d'idolâtrer un passé qui n'existe plus, en oubliant ses carences, tentation d'idolâtrer un avenir qui n'existe pas encore, en croyant que, par ses seules forces, l'homme réalisera le bonheur éternel sur la terre !" "Fuyez le culte des idoles, ne vous lassez pas de faire le bien !", a-t-il lancé.
Devant une foule composée de beaucoup de familles et de jeunes, Benoît XVI a enfin lancé "un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur !" N"'ayez pas peur de donner votre vie au Christ !", a lancé le pape. "Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Église ! Rien ne remplacera jamais une messe pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse", a-t-il insisté.
Un chœur majestueux de près de 2.000 personnes rassemblant toutes les chorales d'Ile de France avait pris place près du grand podium de bois blanc où 12 oliviers, symboles de paix, avaient été installés. Comme il est désormais de coutume depuis mai dernier, Benoît XVI a distribué la communion à quelques dizaines de fidèles à genoux et à la bouche.
12h00 : Benoît XVI quitte l'esplanade des Invalides
Première journée du Pape en France
Vendredi soir, le Pape s'est adressé aux jeunes. Il leur a notamment lancé une phrase, empruntée à Jean-Paul II : "N'ayez pas peur ! Ayez le courage de vivre l'évangile et l'audace de le proclamer. L'Eglise vous fait confiance, je tiens à vous le dire !" Il a dénoncé "la superficialité de la foi et de la morale dissolue". La soirée devait se poursuivre par une veillée et une procession vers les Invalides, lieu de la messe de samedi matin.
12 septembre 2008
Benoît XVI aux Bernardins : « Chercher Dieu et se laisser trouver par lui »
Accueilli par le cardinal André Vingt-Trois et Gabriel de Broglie, chancelier de l’Institut, le pape les a guidés dans un pèlerinage aux sources de la culture européenne. Devant eux, il a fait resurgir l’aventure monastique et les liens de la quête de Dieu avec la vie de la culture et des arts.
Sous ces voûtes gothiques, Benoît XVI s’est visiblement laissé inspirer par l’esprit du lieu, édifié par les fils de saint Bernard en 1247, choisissant pour fil conducteur l’exemple de ces moines qui s’appliquèrent à « trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même », sachant pour cela « passer des choses secondaires (…) aux réalités essentielles, à ce qui seul est vraiment important et sûr ».
"Se mettre à la recherche de Dieu. C’est là, l’attitude vraiment philosophique"
Liant foi et culture, Benoît XVI a invité à dépasser toute approche fondamentaliste et solitaire de la Bible. Un appel particulièrement apprécié par le public, et qui résonne comme une introduction au prochain synode qui doit rassembler à Rome, début octobre, les évêques du monde entier sur le thème de la « Parole de Dieu ».
« Benoît XVI est fidèle à lui-même. Il manifeste que l’essentiel, c’est l’expérience de Dieu, la recherche, la connaissance et la révélation de Dieu, analyse Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême et membre de l’Académie française. Il nous conduits aux racines de la culture européenne, en montrant comment la racine des racines, c’est la recherche de Dieu. »
En plein cœur du Quartier latin, à proximité de nombreuses universités d’État héritières de l’université de Paris reconnue par le pape Innocent III en 1215, Benoît XVI a certainement voulu esquisser les chemins d’une généalogie commune. « Dans les paroles du pape, j’ai retrouvé ce que j’ai moi-même appris à la Sorbonne, comme étudiant, sur la tradition monastique, saint Benoît, Grégoire le Grand, saint Augustin…, confie Mgr Dagens. Je me réjouis que ce discours soit en connivence avec ce que l’État enseigne et continue d’enseigner sur l’histoire et la littérature chrétienne. »
Un discours dense et serré
De fait, le « monde de la culture » invité ne se limitait pas au monde monastique et universitaire. On comptait des philosophes et historiens (Régis Debray, Jean Baubérot, Jean-Luc Marion, Michel Serres, Marc Fumaroli, Abdelwahab Meddeb, Michel Zink, Michel Winock), mais aussi des psychanalystes (Marie Balmary, Élisabeth Roudinesco), des scientifiques (le paléontologue Yves Coppens, le psychiatre Boris Cyrulnik), des directeurs de musée et de théâtre (Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France, Olivier Py, directeur du Théâtre de l’Odéon), des éditeurs et des patrons de presse (Franz-Olivier Giesbert du Point, Étienne Mougeotte du Figaro, Bruno Frappat, président du groupe Bayard, Dominique Quinio, directrice de La Croix)…
Un monde sans Dieu ne peut être en paix
« Une source est toujours disponible aux hommes et aux femmes qui sont en quête, voilà ce que dit le pape, analyse Mgr Dagens. Et les catholiques de France doivent reconnaître l’attente spirituelle de leurs contemporains, dont nous avons tort de désespérer. »
Dans un langage rappelant les tourments de saint Augustin, le pape a en effet redit sa conviction : un monde sans Dieu ne peut être en paix. « L’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne, a-t-il souligné en fin de discours. Chercher Dieu et se laisser trouver par lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé. »
Benoît XVI et Nicolas Sarkozy échangent sur la "laïcité positive"
Attendu sur le thème de la laïcité pour sa première journée en France, Benoît XVI a voulu rassurer, dès l'avion qui le conduisait à Paris, en affirmant que "la foi n'est pas politique et la politique n'est pas une religion" : Ce sont "deux sphères qui doivent être ouvertes l'une pour l'autre (...). Il est évident que la laïcité n'est pas en contradiction avec la foi", avait-il déclaré aux journalistes qui l'accompagnaient.
Ce credo, le pape l'a repris en s'adressant au président Sarkozy et aux autorités de l'Etat, lors de la réception au Palais de l'Elysée, vendredi midi. Dans son discours, il a jugé "fondamental" d'"insister sur la distinction entre politique et religieux" afin de "garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'État envers eux".
Mais il a souligné également "la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elle peut apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental dans la société".
Soulignant "l'expression belle de laïcité positive" employée par Nicolas Sarkozy au Latran en décembre dernier, il a déclaré qu'"une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l'importance de la laïcité est devenue nécessaire". "L'Église en France jouit actuellement d'un régime de liberté. La méfiance du passé s'est transformée peu à peu en un dialogue serein et positif, qui se consolide toujours plus", a estimé Benoît XVI.
"Ce serait une folie de nous en priver"
Dans son discours au pape, Nicolas Sarkozy a réaffirmé lui aussi le concept de "laïcité positive", qu'il avait abordé lors de son discours du Latran. Pour le président français, il est "légitime pour la démocratie et respectueux de la laïcité de dialoguer avec les religions (...). Ce serait une folie de nous en priver, tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée".
Nicolas Sarkozy a défini la "laïcité positive" comme offrant "à nos consciences la possibilité d’échanger, par delà les croyances et les rites, sur le sens que nous voulons donner à nos existences". En particulier en matière de moralisation du capitalisme financier, de bioéthique et face aux progrès de la science. "La quête de spiritualité n'est pas un danger pour la démocratie, pas un danger pour la laïcité", a-t-il martelé.
Dignité humaine
"A l’heure où ressurgissent tant de fanatismes, à l’heure où le relativisme exerce une séduction croissante, où la possibilité même de connaître et de partager une certaine part de la vérité est mise en doute, à l’heure où les égoïsmes les plus durs menacent les relations entre les nations et au sein des nations, cette option absolue pour la dignité humaine et son ancrage dans la raison doivent être tenus pour un trésor des plus précieux", a lancé Nicolas Sarkozy.
Réciprocité en matière de religion
11 septembre 2008
Quelle joie immense !!
Pour le catholique que je suis, c'est une joie immense de savoir le Saint Père chez nous. Il va durant 3 jours nous réconforter, nous encourager dans nos vies de croyants et nous ressourcer dans la parole du Christ.
Bienvenue à Benoit XVI !!!
10 septembre 2008
L'Eglise de France en quête de visibilité
L'Eglise de France est-elle en voie d'extinction ? A s'en tenir aux statistiques publiées, en 2008, dans le guide de l'Eglise catholique en France, il semble légitime de s'interroger. A l'occasion de l'arrivée de Benoît XVI, Pèlerin fait le point.
Les dernières statistiques publiées, en 2008, dans le Guide de l'Eglise catholique en France, ne sont pas bonnes. Qu'apprend-on ? En dix ans, le nombre de prêtres et de séminaristes a chuté d'un quart. Que celui des baptêmes et des mariages célébrés à l'Eglise s'est effondré. Que moins de cent prêtres diocésains sont ordonnés chaque année et qu'à peine 5 % de la population française pratique régulièrement. Alarmant ? Rien de bien nouveau, sinon que la tendance amorcée dans les années 1970 ne fait que s'accélérer. La sociologue Danièle Hervieu-Léger ne diagnostiquait-elle pas, en 2003, au sujet du catholicisme français, la « fin d'un monde » (1) ?
Le refrain est connu. En France, comme dans d'autres pays d'Europe occidentale, l'Eglise renverrait, au mieux, à une minorité silencieuse, au pire, à un passé révolu. Vu du Vatican, la « fille aînée » de l'Eglise a longtemps fait figure de zone sinistrée de la foi, rongée par le « sécularisme » et « l'indifférentisme ». Mais la vie spirituelle d'un pays se résume-t-elle à une poignée de courbes descendantes ? Non, répondent les sociologues.
"On continue de se reconnaître dans l'Eglise"
« Toute une partie de non-pratiquants continue de se reconnaître dans l'Eglise : ils la sollicitent aussi bien pour des rites - baptêmes, mariages, funérailles - que pour accompagner leur quête de sens », rétablit Céline Béraud, maître de conférences à l'université de Caen (Calvados). Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême (Charente), auteur d'une récente Méditation sur l'Eglise catholique en France (2), va plus loin : « La culture catholique est profondément inscrite dans la société française. Nos contemporains, réputés si indifférents aux réalités religieuses, portent en eux de réelles préoccupations spirituelles. A nous d'y être attentifs. »
Est-ce à dire qu'en France, la parole de l'Eglise catholique est plus attendue qu'il n'y paraît ? « Elle l'est bel et bien, mais dans des conditions nouvelles », poursuit Mgr Dagens. Sécularisation, mondialisation, pluralisme religieux... La donne a changé en un siècle. L'Eglise n'apparaît plus comme un bloc soucieux de dicter sa vision du monde. D'ailleurs, se dire « catho » ne passe plus pour incongru. De l'humoriste Bigard, choisi par le président Sarkozy pour l'accompagner au Vatican, au comédien Laurent Baffie, sans oublier les frères Capuçon, virtuoses de l'archet, des personnalités médiatiques ne font plus mystère de leurs convictions religieuses.
« Dans un monde déchristianisé, c'est une tendance nouvelle qu'il faut prendre en compte », observe le P. Philippe Verdin, dominicain et auteur, en 2005, d'un ouvrage, avec Nicolas Sarkozy, où le ministre de l'Intérieur d'alors expose sa vision du rôle des religions dans la société (3). Et que dire de la vitalité retrouvée des cérémonies de pardon en Bretagne, du succès des pèlerinages - six millions de visiteurs chaque année à Lourdes ? Autre phénomène, mis en évidence par Olivier Bobineau, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris : la fidélité, la famille et l'agapè, l'amour au sens évangélique, arrivent en tête des enquêtes de valeurs menées auprès des Européens âgés de 18 à 35 ans. « Il est surprenant de constater que l'Eglise a remporté le combat des valeurs dans une société par ailleurs acquise à l'individualisme », souligne le sociologue.
Peser dans le débat public
Une Eglise qui aurait donc, plus que jamais, une carte maîtresse à jouer. A commencer par les domaines où elle est historiquement en pointe : l'éducation et la solidarité. Son action caritative (CCFD, Secours catholique) et ses interventions dans le débat public - par exemple, pour contester certains aspects de la politique du gouvernement en matière de justice sociale ou d'immigration - fondent sa légitimité auprès d'une partie de l'opinion.
Parallèlement, l'éthique et la bioéthique semblent s'imposer comme des chantiers d'avenir. « L'attente d'un langage clair de l'Eglise sur le début et la fin de vie, la sexualité, la dépendance ou le handicap est réelle, y compris chez les politiques, les médecins et les intellectuels qui ne partagent pas son avis », constate le Pr Xavier Mirabel, médecin cancérologue à Lille (Nord) et président de l'Alliance pour les droits de la vie (ADV).
Pour autant, alors qu'elle n'est plus qu'une voix parmi d'autres, l'Eglise parvient-elle à peser dans le débat public ? La Conférence des évêques de France (CEF), pour commencer, est-elle entendue par les décideurs politiques ? Sur ce plan, la France n'est pas comparable à l'Espagne ou à l'Italie, où les épiscopats interviennent avec pugnacité dans les débats, pour des résultats inégaux. « En France, à quelques exceptions près, l'institution se fait discrète », observe l'historien Ludovic Laloux, spécialiste du catholicisme contemporain à l'université de Lille III.
Les cardinaux André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques, et Philippe Barbarin, archevêque de Lyon (Rhône), sont les personnalités les mieux identifiées. Quant à Mgr Dagens, auteur de textes fondateurs comme la Lettre aux catholiques de France (1996), son élection à l'Académie française va sans doute contribuer à étendre sa notoriété au-delà du monde catholique. Une vieille culture du consensus, nourrie des séquelles de la « guerre des deux France », pousse généralement les évêques à arrondir les angles. « Plutôt à l'aise sur le terrain bien balisé du social, la CEF est nettement plus timide sur la bioéthique », estime Luc Perrin, historien à la faculté de théologie catholique de Strasbourg (Bas-Rhin).
Rendre l’Eglise audible
Rendre l'Eglise audible dans la société, c'est aussi le défi de milliers de laïcs, associations, intellectuels, qui relaient sa parole plus que dans un passé où l'institution semblait solide. « La modernisation de l'Eglise passe par la formation et l'utilisation de techniques de pointe dans le tissu associatif, quitte à s'inspirer des méthodes de l'entreprise », plaide le Pr Mirabel, de l'ADV. L'association établit chaque année un contact avec près de 400 000 personnes, souvent après un avortement ou à une tentative ratée de procréation médicale assistée. « Sans doute manque-t-il, à l'heure actuelle, une pastorale de la santé adaptée à ces nombreuses demandes », souligne Xavier Mirabel.
Dans le monde politique aussi, des catholiques gravitent, jusque dans l'entourage du président de la République, à l'instar de sa conseillère Emmanuelle Mignon. « Jamais, depuis cent ans, nos dirigeants n'ont autant pris en compte la présence chrétienne dans la société », observe le P. Philippe Verdin. Toutefois, « le choix de Nadine Morano (NDLR : favorable à l'euthanasie et à l'homoparentalité) comme secrétaire d'Etat à la famille montre les limites de l'influence catholique dans l'actuelle majorité », note Luc Perrin.
Enfin, sur le plan culturel, l'intuition du cardinal Jean-Marie Lustiger (1926-2007) doit déboucher sur l'inauguration, par Benoît XVI, du centre des Bernardins à Paris, lieu original de rencontre entre l'Eglise et le monde de la culture. « Le concile Vatican II n'a-t-il pas fait de cette dernière une priorité, après la famille mais avant le social ? » rappelle Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons. Dans son diocèse rural, ce mélomane veut recevoir tout ce que la région compte de peintres, de musiciens, de comédiens... « En s'éloignant des artistes, l'Eglise s'est privée de leur capacité à exprimer les grandes interrogations du moment », regrette Mgr Giraud. Lors de son passage à Paris, Benoît XVI, un autre mélomane, fera-t-il de la culture le fer de lance d'une présence renouvelée de l'Eglise dans la société ?
(1) Catholicisme, la fin d’un monde, Ed. Bayard, 333 p. ; 23 €.
(2) Ed. Cerf, 150 p. ; 15 €.
(3) La République, les religions, l’espérance, de Nicolas Sarkozy, Thibaud Collin et Philippe Verdin, Ed. Pocket, 208 p. ; 6,40 €.










