Voilà une période de l'Histoire que j'aime beaucoup !!!

J'ai voulu vous parler des Templiers par le biais de l'épopée des croisades, période de référence pour moi tant dans les enjeux politiques, religieux et humains.

Je vous conseille à ce sujet l'Epopée des croisades par René Grousset.

Blason_templiers

L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire international issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge. Il fut créé le 13 janvier 1129 à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIII siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Après la perte de la Terre sainte, il fut victime de la lutte entre la papauté et la monarchie française et fut dissout par le pape le 22 mars 1312 lors d'un procès en hérésie.

Histoire des Templiers

Première croisade (1096-1099)

Le pape Urbain II prêcha la première croisade le 27 novembre 1095, dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens se dirigeant vers Jérusalem étaient souvent victimes d'exactions voire même d'assassinats[4].
Le pape demanda donc au peuple chrétien d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux chrétiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! » et tous ceux prenant part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés.
Cette action se solda le 15 juillet 1099 par la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon.
Hugues de Payns, futur fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, vint pour la première fois en Terr Sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pélerinage[6]. Ils en revinrent en 1107.

Après la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon fut désigné roi de Jérusalem par ses pairs, titre qu'il refusa, préférant porter celui d'Avoué du Saint-Sépulcre. Il mit en place l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre qui avait pour mission d'aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d'hommes d'arme, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre.
Une institution similaire constituée de chevaliers, appelés chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), fut créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières.
Par extension, les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre).
Il est fort probable qu'Hugues de Payns intégra cette institution dès 1115.
Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient à l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem situé tout près.
Lorsque l'ordre de l'Hôpital, reconnu en 1113, fut chargé de s'occuper des pèlerins venant d'Occident, une idée naquit: créer une milice du Christ (militia Christi) qui ne s'occuperait que de la protection de la communauté de chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre Sainte, alors en proie aux brigands locaux.
Ainsi, les chanoines s'occuperaient des affaires liturgiques, l'ordre de l'Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire de protection des pèlerins. Cette répartition trinaire des tâches reproduisait l'organisation de la société médiévale, qui était composée de prêtres (oratores), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores)[10].
C'est ainsi que l'ordre du Temple, qui se nommait à cette époque militia Christi, prit naissance.

C'est vers 1118 que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Geoffroy de St-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin: pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem.

Dans un premier temps, Payns et St-Omer se concentrèrent sur le défilé d'Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins. Par la suite, l'une des plus grandes places fortes templières en Terre Sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin.
Le nouvel ordre ainsi créé ne pouvait survivre qu'avec l'appui de personnes influentes. Hugues de Payns réussit à convaincre le roi de Jérusalem Baudoin II de l'utilité d'une telle milice, chose assez aisée au vu de l'insécurité régnant dans la région à cette époque.
Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond la mission de "garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins" ("ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latronum") pour la rémission de leurs péchés.
Le roi Baudoin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem, à l'emplacement du Temple de Salomon, qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple.
Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. Geoffroy Bisol

Le premier don (de trente livres de sous angevins) reçu par l'ordre du Temple vint de Foulque, comte d'Anjou. Par la suite, Foulque alla en pèlerinage à Jérusalem et en devint le roi.

Cependant, la notoriété du Temple ne parvenait pas à s'étendre au-delà de la Terre Sainte et c'est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de St-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bissol, Archambault de St-Amand et Rolland), embarqua pour l'Occident en 1127 afin de porter un message destiné au pape Honorius II et au moine Bernard.

Fort du soutien du roi Baudoin de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants:

  • faire reconnaître l'ordre par l'Église et lui donner une règle : rattachés aux chanoines du Saint-Sépulcre, les chevaliers suivaient comme eux la règle de Saint-Augustin ;
  • donner une légitimité à l'action des Templiers puisque la dénomination de moine-chevalier, un amalgame d'une nouveauté absolue, pouvait être en contradiction avec les règles de l'Église et de la société en général ;
  • recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre l'ordre en Terre Sainte.

La tournée occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commença en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l'Angleterre (où ils reçurent de nombreux dons), la Flandre et enfin la Champagne.

Il est à noter que cette démarche d'Hugues de Payns, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125.

Le concile de Troyes (13 Janvier 1129)

Arrivant à la fin de sa tournée en Occident et après avoir porté le message du roi de Jérusalem à Bernard de Clairvaux afin qu'il aide les Templiers à obtenir l'accord et le soutien du pape, Hugues de Payns participa au concile de Troyes (ainsi nommé parce qu'il s'est déroulé dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes). Le 13 janvier 1129, le concile s'ouvrit en présence de nombreuses personnalités religieuses.

Le concile mena à la création d'une règle propre à l'ordre du Temple, laquelle fut de forte inspiration cistercienne (présence de saint Bernard et d'Étienne Harding, fondateur de Cîteaux), en contradiction avec les clunisiens qui suivaient la règle de saint Benoît. Une fois la règle adoptée, elle devait encore être soumise à Étienne de Chartres, patriarche de Jérusalem.

Règle et statuts

Avant la fondation de l'ordre du Temple, les Pauvres Chevaliers du Christ, futurs Templiers, vivaient à Jérusalem sous la coupe des chanoines de l'ordre du Saint-Sépulcre. Ces chanoines respectaient la règle de saint Augustin.

La règle de l'ordre du Temple faisait quelques emprunts à la règle de saint Augustin mais s'inspirait en majeure partie de la règle de saint Benoît suivie par les moines bénédictins. Elle fut également adaptée au genre de vie active, principalement militaire, que menaient les frères Templiers. Par exemple, les jeûnes étaient moins sévères que pour les moines bénédictins, de manière à ne pas affaiblir les Templiers appelés à combattre. Par ailleurs, la règle était adaptée à la bipolarité de l'ordre, ainsi certains articles concernaient aussi bien la vie en Occident (conventuelle) que la vie en Orient (militaire).

La reconnaissance

Pour exister pleinement, un ordre monastique a besoin de la reconnaissance du pape. Pour l'accorder, le souverain pontife se base sur une règle, un nom et un habit. Après le concile de Troyes, où l'idée d'une règle propre à l'ordre du Temple a été acceptée, la tâche de la rédiger fut confiée à Bernard de Clairvaux, qui lui-même la fit écrire par un clerc, Jean Michel (Jehan Michiel), sur des propositions faites par Hugues de Payns.
On peut donc affirmer que l'ordre du Temple naquit officiellement le 13 janvier 1129, suite à l'approbation du concile. Son développement s'effectua en plusieurs étapes.

Éloge de la Nouvelle Milice (De laude novae militiae)

Grâce à saint Bernard, l'une des plus grandes figures religieuses du XII siècle, l'ordre du Temple connut un accroissement significatif : bon nombre de chevaliers s'engagèrent pour le salut de leur âme ou, tout simplement, pour prêter main forte en s'illustrant sur les champs de bataille.

L'Éloge de la Nouvelle Milice est une lettre que saint Bernard envoya à Hugues de Payns, dont le titre complet était Liber ad milites Templi de laude novae militiae et écrite après la défaite de l'armée franque au siège de Damas en 1129.
Cet éloge permit enfin aux Templiers de rencontrer une grande ferveur et une reconnaissance générale.
De plus, ce texte contenait un passage important où saint Bernard expliquait pourquoi les Templiers avaient le droit de tuer un être humain : « Le chevalier du Christ donne la mort en toute sécurité et la reçoit avec plus d'assurance encore. S'il meurt, c'est pour son bien, s'il tue, c'est pour le Christ […] ».

La bulle pontificale Omne Datum Optimum (1139)

La bulle Omne datum optimum a été fulminée par le pape Innocent II le 29 mars 1139 sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre du Temple.
Cette bulle fut d'une importance capitale pour l'ordre puisqu'elle était à la base de tous les privilèges dont jouissaient les Templiers.
En effet, suite à celle-ci, les frères du Temple eurent le droit :

  • à la protection apostolique,
  • d'avoir leurs propres prêtres.

On vit donc une nouvelle catégorie émerger dans la communauté, celle des frères chapelains qui officieraient pour les Templiers. De plus, cette bulle confirma le fait que l'ordre du Temple n'était soumis qu'à l'autorité du pape. La bulle créa aussi une concurrence pour le clergé séculier (ce que ce dernier verra souvent d'un mauvais œil). De nombreux conflits d'intérêt éclatèrent entre les Templiers et les évêques ou les curés.
Les privilèges qu'elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c'est d'ailleurs pour cela qu'il ne fut pas aisé de retrouver l'originale.

La bulle pontificale Milites Templi (1144)

La bulle Milites Templi (Chevaliers du Temple) a été fulminée le 9 janvier 1144 par le pape Célestin II.
Elle permit aux chapelains du Temple de prononcer l'office une fois par an dans des régions ou villes interdites, « pour l'honneur et la révérence de leur chevalerie », sans pour autant autoriser la présence des personnes excommuniées dans l'église. Mais ce n'est en réalité qu'une confirmation de la bulle Omne datum optimum.

La bulle pontificale Militia Dei (1145)

La bulle Militia Dei (Chevalerie de Dieu) a été fulminée par le pape Eugène III, le 7 avril 1145.
Cette bulle permit aux Templiers de construire leurs propres oratoires, mais aussi de disposer d'une totale indépendance vis-à-vis du clergé séculier grâce au droit de percevoir des dîmes et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimetières. De plus, la protection apostolique fut étendue aux familiers du Temple (leurs paysans, troupeaux, biens…).
Des plaintes furent déposées par des Templiers auprès du pape concernant le fait que le clergé prélevait un tiers du legs fait par les personnes désireuses de se faire enterrer dans les cimetières de l'ordre. La bulle Dilecti filii ordonna en conséquence au clergé de ne se contenter que d'un quart des legs.

L'habit du Templier

Chevalier Templier

La reconnaissance du Temple ne passait pas seulement par l'aboutissement à une règle et à un nom, mais aussi par l'attribution d'un code vestimentaire particulier propre à l'ordre du Temple.
Le manteau des Templiers faisait référence à celui des moines cisterciens.
Seuls les chevaliers, les frères issus de la noblesse, avaient le droit de porter le manteau blanc, symbole de pureté de corps et de chasteté. Les frères sergents, issus de la paysannerie, portaient quant à eux un manteau de bure, sans pour autant que ce dernier ait une connotation négative. C'était l'ordre qui remettait l'habit et c'est aussi lui qui avait le pouvoir de le reprendre. L'habit lui appartenait. La perte de l'habit était prononcée par la justice du chapitre pour les frères qui avaient enfreint gravement le règlement. Il signifiait un renvoi temporaire ou définitif de l'ordre.

Dans sa bulle Vox in excelso d'abolition de l'ordre du Temple, le pape Clément V indiqua qu'il supprimait "le dit ordre du Temple et son état, son habit et son nom", ce qui montre bien l'importance que l'habit avait dans l'existence de l'ordre.

La croix rouge

Il semble qu'elle n'ait été accordée que tardivement aux Templiers, en 1147, par le pape Eugène III. Il aurait donné le droit de la porter sur l'épaule gauche, du côté du cœur. La règle de l'ordre et ses retraits ne faisaient pas référence à cette croix. Cependant, la bulle papale Omne datum optimum la nomma par deux fois. Aussi est-il permis de dire que les Templiers portaient déjà la croix rouge en 1139. La forme de la croix des Templiers n'a jamais été fixée. L'iconographie templière la présenta grecque simple, ancrée, fleuronnée ou pattée. Quelqu'ait été sa forme, elle indiquait l'appartenance des Templiers à la chrétienté et la couleur rouge rappelait le sang versé par le Christ.

Notons qu'il est fort probable que la croix des Templiers ait été issue de la croix de l'ordre du Saint-Sépulcre dont avaient fait partie Hugues de Payns et ses compagnons d'arme. Cette croix rouge était potencée, cantonnée de quatre petites croix appelées croisettes.

A suivre ....