02 février 2009
Opération Walkyrie - L'attentat contre Hitler
La vraie version historique de cette histoire dans l'Histoire. La version américaine avec Tom Cruise est efficace mais plus édulcorée je trouve !!!!
08 août 2007
Histoire de Jeanne d'Arc
Voici un résumé de la vie de Jeanne d'Arc en souvenir d'une discussion récente avec mon beau frère Ludo.
Spéciale dédicace !!!!!
Figure de proue de l'histoire de France, Jeanne d'Arc mena une guerre pour libérer son pays de l'envahisseur anglais au XVème siècle. Répondant à un appel divin, elle aida Charles VII à devenir roi de France. Elle paya le prix fort pour ses convictions puisqu’elle fut condamnée pour hérésie et brûlée vive à Rouen en 1431.
Jeanne d’Arc serait née en 1412 à Domrémy, en Lorraine, et serait issue d’une famille de paysans assez aisée. Jeune fille très pieuse, elle se rendait à l’église chaque samedi et pratiquait l’aumône pour les pauvres. Elle grandit alors que la guerre de Cent Ans secouait la France. Le roi d’Angleterre Édouard III revendiquait le trône de France suite au traité de Troyes mais la noblesse française s’y opposait et voulait que la couronne revienne au fils du défunt Charles VI, le dauphin Charles. Le royaume français était donc partagé entre les Anglais et les Bourguignons d'une part, et ceux qui étaient restés fidèles au dauphin Charles d'autre part.
A douze ou treize ans, c'est dans le jardin de son père que Jeanne déclare avoir entendu des voix. Elle dit avoir eu très peur la première fois. Ces voix célestes lui auraient donné l’ordre de ramener le Dauphin sur le trône et de libérer la France de la présence anglaise. Elle résista pendant quatre ans avant de répondre à cet appel.
Obéissant aux voix qu’elle entendait, Jeanne part à Vaucouleurs pour rencontrer le capitaine Robert de Baudricourt, le représentant du dauphin Charles. Elle le convainc de l’aider à obtenir une audience auprès du Dauphin. Une prophétie (que beaucoup connaissaient) annonçait qu'une vierge provenant des marches de Lorraine sauverait le royaume perdu.
Jeanne d’Arc part à Chinon pour rencontrer le futur Charles VII. La légende veut qu’elle ait réussi à le reconnaître dans l’assemblée alors qu’il portait des vêtements simples. Elle lui fait part des voix qu’elle a entendues. Méfiant, Charles lui fait subir des interrogatoires menés par les autorités religieuses à Poitiers, qui vérifient entre autres sa virginité. Elle leur fait quatre prédictions : les Anglais lèveront le siège d'Orléans, le roi sera sacré à Reims, Paris rentrera dans le domaine royal de Charles et enfin, le duc d'Orléans reviendra de sa captivité en Angleterre. Charles accepte de lui confier une armée pour libérer Orléans des mains des Anglais.
Celle que l’on surnomma la Pucelle partit pour Orléans vêtue d’une armure et d’une épée. Elle envoya une missive aux Anglais pour les prévenir de sa venue et leur demander de quitter Orléans. Les Anglais refusèrent. Ils voyaient en cette femme une sorcière, une personne maléfique. De son côté, Jeanne, poussée par sa foi, redonnait confiance aux troupes de soldats désespérés. Dans la nuit du 7 au 8 mai 1429, Jeanne remporte la victoire contre les Anglais et la nouvelle se répand dans toute la France. Elle poursuit son chemin en remontant vers Reims, soumettant de gré ou de force chacune des villes sur son passage. Le 17 juillet 1429, Charles est couronné roi de France dans la cathédrale de Reims en présence de Jeanne et prend le nom de Charles VII. Jeanne d’Arc a rempli la moitié de sa mission. Il lui restait à marcher sur Paris.
Jeanne d’Arc tente ensuite de libérer Paris avec l’accord du roi. Mais cette tentative se solde par un échec. Elle est faite prisonnière à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons qui la vendent aux Anglais pour 10 000 livres. Elle est emmenée à Rouen pour être jugée par un tribunal. On l’accuse d’hérésie. Les Anglais cherchaient à la discréditer car son charisme redonnait espoir au peuple français
.
Jeanne la Pucelle comparaît à Rouen devant un tribunal composé de 40 membres et présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et partisan des Anglais. La première séance publique a lieu le 21 février 1431 dans la chapelle royale du château de Rouen. Le 24 mai, Jeanne d'Arc abjure et reconnaît ses péchés avant de se rétracter le 28. Elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen, le 30 mai 1431. Jusqu’au dernier moment, le roi Charles VII n'est pas intervenu pour la délivrer alors qu’elle l'avait aidé à accéder au trône.
Vingt-cinq ans plus tard, un second procès, organisé par Charles VII sur la demande de la mère de Jeanne et du pape Calixte III, casse le jugement et réhabilite Jeanne d’Arc. Elle est ensuite canonisée en 1920 par Benoît XV.
04 août 2007
Croke Park
Croke Park (en gaélique Páirc an Chrócaigh) est le principal stade et le domicile de la GAA (Gaelic Athletic Association), la plus grande organisation sportive de l’Irlande.
Le stade était utilisé uniquement pour les sports gaéliques (football, hurling et Camogie). Il est également utilisé pour la première fois pour le rugby, pendant les travaux de rénovation du stade de Lansdowne Road. Avec une capacité de 82.500 places assises, il est actuellement le plus grand stade de l'île d'Irlande.
Le 20 novembre 1920, Croke Park fut le théâtre d’un massacre exécuté par les Auxillaries une division paramilitaire auxiliaire de la police britannique. Des soldats sont entrés dans le stade pendant un match de football entre Dublin et Tipperary et ont tiré dans la foule, tuant 14 personnes (13 spectateurs et un joueur). En 1924 une tribune a été baptisée en souvenir de Michael Hogan capitaine de Tipperary, mort ce jour là. Ces évènements, connus sous le nom de Bloody Sunday (à ne pas confondre avec celui d'Irlande du Nord en 1972) furent en fait des représailles à l'assassinat de 12 agents des services secrets anglais perpétrés par les hommes de Michael Collins.
Bloody Sunday est le terme utilisé pour décrire une journée de violence qui s’est déroulée à Dublin le 21 novembre 1920, durant la Guerre d’Indépendance de l’Irlande (1919-1920). Cette journée fit près de 30 victimes.
La journée commença avec l’assassinat de 14 agents britanniques ou de leurs informateurs par l'Armée républicaine irlandaise sous les ordres de Michael Collins. Les forces britanniques réagirent en ouvrant le feu sur la foule pendant un match de football gaélique disputé à Croke Park à Dublin.
Le Bloody Sunday de 1920 tire ses origines dans la guerre d'indépendance de l'Irlande qui se déroula entre 1919 et 1921 et qui suivi la formation de la république d'Irlande et de son parlement le Dáil Éireann. L’armée de la nouvelle république, l’IRA, engagea une guérilla contre le Royal Irish Constabulary, ses organisations auxiliaires et l’armée britannique qui étaient déterminées à supprimer les forces irlandaises séparatistes. Le gouvernement britannique a formé de son côté ses propres troupes paramilitaires, les Black and Tans (surnom en rapport avec la couleur des uniformes) et la Auxiliary Division (connue aussi sous le nom d’Auxiliairies ou Auxies). Le comportement de ces deux groupes fut presque immédiatement controversé (les principales critiques furent émises par le roi George V en personne) à cause de leur brutalité et de la violence exercée non seulement contre les prisonniers et les personnes suspectées de faire partie de l’IRA mais aussi contre le peuple irlandais en général. Ce sont ces Auxiliaries qui sont responsables du massacre du Bloody Sunday.
Le 21 novembre 1920, le ministre des Finances de la République d’Irlande et leader de l’Irish Republican Brotherhood Michael Collins ordonne l'assassinat d'agents britanniques, incluant ceux appelés le Gang du Caire, 18 officiers des services secrets anglais envoyés en Irlande pour infiltrer les organisations nationalistes irlandaises. Tôt le matin, 12 de ces agents furent exécutés par les hommes de Collins, certains à leur domicile. Trois autres survécurent à leurs blessures. Le plan de Collins était de tuer plus de 50 agents ou leurs informateurs, mais une partie des cibles ne purent être atteintes par les hommes de l'IRA. Cette série d’assassinats handicapa sévèrement les services secrets britanniques en Irlande, provoquant le départ des derniers agents du gang du Caire et causant la consternation dans toute l'administration britannique.
À Croke Park se déroule le même jour un match de football gaélique entre l'équipe de Dublin et celle de Tipperary. Un des auxiliaires britanniques participant au Bloody Sunday raconta plus tard avoir assisté au tirage au sort déterminant les représailles aux assassinats entre le massacre à Croke Park et le saccage de Sackville Street (ancien nom de O'Connell Street la principale artère commerçante de Dublin).
Malgré le malaise général qui parcourut Dublin après les assassinats, approximativement 15 000 personnes se sont déplacées à Croke Park pour assister au match. Juste avant le début de la rencontre, alors que les deux équipes avaient pénétré sur le terrain, les Auxiliaries envahirent le stade et commencèrent à tirer dans la foule. Deux joueurs furent touchés (Michael Hogan mourut ensuite de ses blessures). La foule commença à évacuer le stade sous les tirs. Au total 14 personnes furent tuées et 65 autres blessées. Les plus jeunes victimes avaient 10 et 11 ans.
L’action des Auxiliaries, comme la plupart de leurs actions et celles des Black and Tans, n'ont pas été officiellement autorisées. À cause du tollé soulevé par ce massacre, les autorités britanniques basée au château de Dublin furent obligées de présenter des regrets mais refusèrent de porter la responsabilité du massacre. Ils se réclamèrent de la légitime défense en déclarant avoir subi des coups de feu en voulant arrêter un activiste nationaliste.
Plus tard dans la journée, deux officiers de rang élevé de l'IRA, Dick McKee et Peadar Clancy, qui avaient aidé à l'élaboration du plan d'action sont arrétés. Incarcérés au château de Dublin, ils y sont torturés puis « tués lors d'une tentative d'évasion ».
Le comportement des Auxiliaries et des Black and Tans aida beaucoup au retournement de la population contre la couronne britannique.
Par ailleurs certains politiciens britanniques et le roi lui-même ne firent aucun secret de leur sentiment d’horreur après le massacre. Le Bloody Sunday fit les grand titres de la presse internationale en entacha largement la crédibilité du Royaume-Uni en Irlande.
Le souvenir de ces évènements est toujours très vivace en Irlande. Une des tribunes de Croke Parck a été baptisée en souvenir du joueur tué ce jour là (Michael Hogan). Il faut noter que la chanson de U2, Sunday Bloody Sunday, n'évoque pas cet évènement mais celui du même nom qui s'est déroulé en 1972.
03 août 2007
L'édit de Villers-Cotterêts
L'ordonnance (ou, improprement l'édit) de Villers-Cotterêts est un document signé à Villers-Cotterêts entre le 10 et le 15 août 1539 par le roi de France François Ier.
Forte de 192 articles, elle porte réforme de la juridiction ecclésiastique, réduit certaines prérogatives des villes et rend obligatoire la tenue des registres de baptêmes. Elle est surtout connue pour être l'acte fondateur de la primauté et de l'exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique ; en effet, pour faciliter la bonne compréhension des actes de l'administration et de la justice, elle leur impose d'être rédigés dans cette langue. Le français devient ainsi la langue officielle du droit et de l'administration, en lieu et place du latin et des autres langues du pays.
Cette ordonnance, intitulée exactement « Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances » a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, avocat et membre du Conseil Privé du roi. Elle s'est longtemps appelée Guillemine ou Guilelmine en référence à son auteur. Hors des Archives nationales, il n'existe que deux exemplaires originaux sur parchemin : l'un aux Archives d'Aix-en-Provence, l'autre aux Archives départementales de l'Isère.
Dès le XIIIe siècle, les notaires royaux écrivaient en français et c'est entre le XIVe siècle et le XVIe que le français s'est petit à petit imposé comme langue administrative dans les chartes royales, au détriment certes du latin mais aussi des autres langues vulgaires. L'ordonnance de Villers-Cotterêts n'a fait qu'appuyer un mouvement de centralisation linguistique déjà amorcé depuis plusieurs siècles. Il ne faut pas perdre de vue qu'à cette époque (et ce jusqu'au XIIème siècle, mouvement qui n'a pris fin qu'au XXe siècle, pendant la Première Guerre mondiale), le français était essentiellement la langue de la Cour, des élites (noblesse et clergé), des commerçants et d'une partie des écrivains ; le peuple français pratiquait de très nombreuses langues vernaculaires (essentiellement des langues d'oïl et d'oc) souvent dénommées péjorativement « patois ».
L'ordonnance s'inscrit dans une suite de décisions royales remplaçant progressivement le latin par les langues maternelles dans les actes du droit. Une ordonnance, celle de Montils-lès-Tours, promulguée en 1454 par Charles VII, avait obligé à rédiger les coutumes orales, qui tenaient lieu de droit ; ces rédactions se sont faites en langues vulgaires, que ce soient des langues d'oil au nord, d'oc au sud. D'autres édits royaux préconisaient les langues vulgaires, sans rendre obligatoire le français :
- ordonnance de Moulins, par Charles VIII en 1490 : elle oblige à ce que les langues vulgaires et maternelles, et non le latin, soient utilisées lors des interrogatoires et dans les procès verbaux ;
- en 1510 par Louis XII : cette ordonnance impose que la langue juridique pour tous les actes de justice soit celle du peuple, et non le latin ; de sorte, le droit devait être dit dans la multitude des langues présentes en France à cette époque ;
- ordonnance d'Is-sur-Tille par François Ier en 1531 : l'ordonnance de Louis XII est étendue au Languedoc.
29 juillet 2007
Traversée de la Manche par Louis Blériot
Le 25 juillet 1909, le Daily Express titrait : "L' Angleterre n'est plus une île".
La traversée de la Manche par une autre voie que celle de la mer était enfin accomplie. Sur les lieux, tout le monde acclame l'arrivée triomphante de l'aviateur à bord de son monoplan, le BLERIOT XI. Dès son atterrissage, le reporter se précipite vers Louis :
" - Louis, comment s'est passé ce vol ?
- Le vol s'est bien passé malgré un déroutement de 7 Kilomètres pour bénéficier de vents favorables. J'attendais une amélioration des conditions météorologiques, sur mon camp de base près de Calais, avant de tenter la traversée.
- Quelles sont vos émotions après une telle traversée ?
- Depuis plusieurs années, j'étudie les travaux d'Ader ou encore ceux des frères Wright pour parvenir à m'envoler dans les airs comme le font les oiseaux. Cette traversée de la Manche, "le chenal", est pour moi la réalisation de mon rêve le plus fou, qui m'a valu plusieurs échecs, où je m'en sortais toujours par miracle et indemne.
- Et, je suppose que c'est pour cette raison que l'on vous a surnommé "le roi de la casse" !
- En effet, je dois ce pseudonyme à ma consommation effrayante de monoplans.
- Merci Louis pour ces quelques réponses et bons vols ! "
L'aube est le moment idéal pour Blériot et ses mécaniciens d'apporter les ultimes retouches au BLERIOT XI . Il est 4h35 quand Louis s'élance des côtes françaises et met le cap vers les falaises anglaises. Il dépassa rapidement le destroyer qui prétendait l'accompagner et s'éleva entre 80 et 100 mètres d'altitude. A 5h12, la Manche est vaincue : en 37minutes, Louis a parcouru 48 km au-dessus de la mer avec un engin plus lourd que l'air, sans instruments ! Le BLERIOT XI était équipé d'un moteur Anéanti 25ch, le contrôle latéral était assuré par le gauchissement des ailes et le train principal de roues orientables. Cet avion fut le premier aéronef affecté au service militaire et pouvait atterrir même par vents de travers. Louis réussit à battre de justesse le courageux Latham qui, sur Antoinette, deux fois de suite, tomba à la mer.
Louis Blériot était né dans le Pas de Calais le 1er juillet 1872 et mourut d'une crise cardiaque le 1er août 1936. avant d'être pilote, il était ingénieur dans l'automobile et toutes les voitures étaient équipées de phares Blériot. Il se passionna pour les nouvelles techniques, et finit par abandonner l'industrie de l'automobile pour se consacrer à l'aviation. Son exploit lui ouvrit les portes de la prospérité. Il s'installa à Buc et acquit 200 hectares sur le plateau. Il engagea des pilotes et se consacra exclusivement à la construction d'avions. Il fit de Buc un pôle d'attraction de la vie aéronautique. Les chutes se succédèrent mais les records aussi. Les meetings étaient nombreux et attiraient une foule considérable. L'événement sera décisif pour l'essor de l'aéronautique et l'instruction du brevet de pilote. Louis Blériot porte le numéro 1. A peine vingt ans plus tard, Blériot accueillera à Paris Charles Lindberg, le premier pilote ayant traversé l'Atlantique.
12 juillet 2007
Aliénor d’Aquitaine
Je vous retrace, grâce à quelques bonnes documentations trouvées sur le Web, la vie d'une sacrée héroine de l'Histoire de France, Aliénor d'Aquitaine, dont ma maman doit me donner une biographie depuis quelques temps déjà !!!!!
Bonne lecture ou bonne découverte ...
Née aux environs de 1122, morte le 1er avril 1204 à l’abbaye de Fontevraud, Aliénor d’Aquitaine est la fille aînée de Guillaume X, dernier duc d’Aquitaine et de Gascogne et d’Aliénor de Châtellerault.
L’année 1137 est riche en événements pour Aliénor d’Aquitaine. Alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, son père meurt et elle devient duchesse d’Aquitaine. Elle est mariée le 25 juillet 1137 à Bordeaux au futur Louis VII fils du roi de France Louis VI, puis, toujours la même année, Louis VI meurt à son tour, les deux très jeune époux deviennent ducs d’Aquitaine et souverains de France.
Il faut savoir que bien que duc d’Aquitaine par alliance, Louis VII n’aura jamais la main sur ce duché, Aliénor en assurant la gestion toute seule. Très vite elle va faire de la politique et briser l’ascendance de l’abbé Suger sur un Louis VII très influençable.
L’année 1145 voit la naissance de leur première fille, puis en 1147 se déclenche la deuxième croisade, le roi prend la croix à l’appel de Bernard et emmène Aliénor en Orient. Que c’est-il passé en Orient ? Le comte Raymond de Poitiers réserve à sa nièce un accueil qui provoque la jalousie du roi. Certains avancent l’hypothèse qu’Aliénor d’Aquitaine aurait eu une aventure avec son oncle. Une chose est sûre, les deux époux sont fâchés.
Au retour de croisade, une réconciliation semble se faire. Malgré la naissance de leur seconde fille, les choses s’enveniment à nouveau à la disparition de Suger. L’ombre de la séparation plane sur le couple royal, Aliénor d’Aquitaine rappelle au roi que leur proche parenté n’était pas convenable au point de vue religieux et que très certainement ils ne pourraient plus vivre ensemble.
En 1151, Aliénor rencontre Henri Plantagenêt, fils du comte d’Anjou : il a onze ans de moins qu’elle. Le 21 mars 1152, le synode de Beaugency annule le mariage de Louis VII et d’Aliénor : la France perd le duché d’Aquitaine qui, réuni aux possessions des Plantagenet (Anjou, Maine, Normandie) devient une terrible menace pour Louis VII. Le 18 mai, Aliénor épouse Henri Plantagenêt à Poitiers. Dès le début de 1154, Henri Plantagenet devient roi d’Angleterre et monte sur le trône sous le nom d’Henri II.
Pour un temps, Aliénor d’Aquitaine va perdre tout pouvoir politique. Henri II n’a pas l’intention de la laisser s’ingérer dans ses affaires, y compris dans le duché d’Aquitaine. Il la relègue au simple rang de mère de famille : elle aura de lui huit enfants (Guillaume, Henri, Mathilde, Richard, Geoffroy, Aliénor, Jeanne, Jean), ce qui fait dix en comptant ceux de son premier mariage.
Son éviction politique ne va pas durer. En 1170, son fils Richard est proclamé duc en Aquitaine et c’est elle qui en assure la régence. Ecoeurée par l’inconduite de son époux avec une certaine Rosamund Clifford, elle est l’instigatrice d’un complot qui va opposer Richard et Geoffroy à leur père Henri II et ce avec la bénédiction de Louis VII
Mais Henri II va très vite réagir, arrêter Aliénor et l’emprisonner pendant près de quinze ans. D’abord à Chinon, puis à Salisbury et dans divers autres châteaux d’Angleterre. Elle est libérée à la mort d’Henri II, le 6 juillet 1189, par son fils Richard Coeur de Lion qui monte sur le trône.
A soixante-sept ans, Aliénor entre à nouveau en politique. En compagnie du chancelier Guillaume Longchamp, elle assume le pouvoir pendant l’absence de Richard parti à la 3ème Croisade. Elle est obligée aussi de faire face au soulèvement de son fils cadet Jean sans Terre durant l’hiver 1192-1193.
Sur le chemin du retour, Richard est capturé par le duc Léopold d’Autriche qu’il avait humilié en Orient et livré à l’empereur Henri VI. Ce dernier demande une énorme rançon, très certainement pour plaire à Philippe II Auguste qui n’avait pas apprécié qu’Aliénor d’Aquitaine s’oppose à lui pendant l’absence de Richard. Il faut savoir que lors de la IIIème croisade, Philippe Auguste, rentré en France bien avant Richard, s’est allié à Jean sans Terre pour tenter de mettre ce dernier sur le trône d’Angleterre.
Réagissant très rapidement, aidée de l’ensemble du peuple d’Angleterre, elle réunit la fabuleuse rançon, et fait libérer Richard à Mayence, en février 1194. Le roi pouvant régner à nouveau, Aliénor d’Aquitaine se retire à l’abbaye de Fontevrault. Mais en 1199, son fils Richard est blessé grièvement au siège de Châlus en Limousin. Aliénor le rejoint juste avant sa mort et négocie avec lui la mise sur le trône d’Angleterre de son frère Jean sans Terre, malgré les droits éventuels d’Arthur de Bretagne, fils de Richard.
Par la suite elle se rend en Castille, et ramène sa petite fille Blanche. Cette dernière sera mariée au futur Louis VIII et sera donc la mère de Louis IX dit Saint Louis. Au cours d’un déplacement, désirant éviter les troupes de Philippe Auguste, elle se réfugie au château de Mirebeau : elle y est assiégée par son petit fils Arthur de Bretagne. C’est Jean sans Terre qui viendra la délivrer.
En mars 1204, Château-Gaillard capitule face aux troupes de Philippe Auguste et roi de France s’empare de la Normandie. Aliénor d’Aquitaine meurt le 31 mars 1204 : elle est âgée d’environ quatre vingt deux ans. Son corps repose à l’Abbaye de Fontevrault qui est le lieu de sépulture des Plantagenet.
Cette femme remuante pendant sa jeunesse a très certainement fait partie des grands chefs d’état. Intelligente et cultivée, on lui doit l’introduction de la courtoisie au Moyen Age.
18 juin 2007
Appel du 18 juin 1940 de Charles de Gaulle
Cet appel est celui du 22 juin 1940 et non celui du 18 juin dont il ne reste pas ou peu de traces sonores et qui de toute façon a été entendu par peu de personnes. Cet appel du 22 juin 1940 a le mérite d'intervenir lorque Philippe Pétain choisit le déshonneur en signant l'armistice avec l'Allemagne sous les conditions de cette dernière, donnant la France à l'ennemi.
On pouvait pas passer à côté.
Cet homme a porté à lui seul les espoirs d'un pays dans ces temps obsurs de 1940.
Voilà pour ceux qui l'ont vécu mais aussi pour les jeunes afin qu'ils n'oublient pas que la France est aussi capable du meilleur et qu'il faut savoir se reconnaitre dans des valeurs communes comme la liberté afin de sauver les idées pour lesquelles on se bat.
05 mai 2007
Le belem
Voilà un moment que je voulais parler de ce magnifique bateau dont je suis sentimentalement très proche car avec mon meilleur ami Benoit, nous y avons passé un WE entier entre Saint Nazaire et Nantes, et franchement, ce fût pour nous deux un super moment.
Tenir la barre, regarder les dauphins suivre le bateau et lover les bouts , sans compter tenir les quarts entre 0h00 et 4h00 du matin, ca ne vous laisse pas indifférent.
Vraiment magique ce moment.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller sur le lien le Belem qui vous conduira aussi, avec un peu de navigation vers le site de la fondation Belem. Toute l'année, sont organisés des stages de navigation sur ce bateau. Pour ceux qui ont le temps et l'argent, c'est vraiment un truc génial. Je crois que c'est quelquechose que je referais !!!
En attendant, je vous livre quelques clichés et un bref historique.
Le Belem est le dernier trois-mâts barque français.
Lancé le 10 juin 1896, seulement 7 mois après sa commande aux chantiers Dubigeon de Nantes par la maison Crouan, spécialisée dans le transport du cacao pour le compte des chocolateries Menier, il est affecté à la flotte des « Antillais ». Ce voilier de petit tonnage, comparé à la flotte des voiliers cap-horniers de l'époque, effectuera pas moins de 32 campagnes jusqu'à sa retraite commerciale en 1914. Ces campagnes se feront principalement en direction de Belém, port situé sur la rive sud du bras méridional de l'embouchure du fleuve Amazone. Mais le Belem connaîtra bien d'autres destinations, telles que Montevideo en Uruguay, ou la Martinique aux Antilles où il échappera de peu à la colère de la montagne Pelée en 1902.
L'équipage est alors composé de seulement 13 hommes dont les conditions de vie à bord sont très rudes. En effet, il faut manier plus de 1 000 m² de voiles. Mâts et vergues sont en bois, cordages et voiles en chanvre.
L'expansion des bateaux à vapeur, plus fiables et plus réguliers, rend le Belem obsolète. En 1914, il est racheté par le Duc de Westminster à des fins de yachting. À cette époque, il est profondément transformé pour assurer le confort de ses propriétaires. On le dote notamment de 2 moteurs suédois Bollinder de 250 CV dont l'échappement se fait au travers du mât d'artimon. Mais surtout c'est l'intérieur qui est profondément remanié. La cale est transformée en cabines confortables et un salon vitré, décoré en acajou de Cuba est monté sur le pont. Ce qui impose que les basses voiles soient raccourcies . Le Belem entame une nouvelle vie en tant que luxueux navire de croisière.
Racheté en 1921 par Sir Arthur Ernest Guinness, il est rebaptisé Fantôme II. À cette époque, le Belem va effectuer de très longs voyages. Cependant, même s'il a fait le tour du monde, il n'a jamais passé le cap Horn.
En 1939, avec la mort de Sir Guinness et le début de la Seconde Guerre mondiale, le Belem trouve refuge à l'Île de Wight ou il sera miraculeusement épargné par les bombardements. Il servira de base à une unité des Forces Navales de la France Libre.
Il appareille en 1952 pour Venise ou son nouvel acquéreur, la fondation Cini, en fait un navire-école. Il est rebaptisé une fois de plus : Giorgio Cini. Ré-armé avec un dortoir dans l'entre-pont, le gréement devient celui d'un Trois-Mâts Goélette, plus facile à maneuvrer.
En 1972, les carabiniers le rachètent pour la lire symbolique car ils souhaitaient disposer d'un navire-école. Il est re-motorisé avec 2 moteurs Fiat de 300CV mais sa nouvelle carrière fut courte. Le manque d'entretien pendant les années de guerre ne lui ont pas cependant donné belle allure et rapidement, il est jugé trop vétuste pour emmener des cadets en mer. Les chantiers navals de Venise le remettent plus ou moins en état de naviguer, le gréement est remonté comme à l'origine en Trois-Mâts Barque (le grand mât reprend son phare carré).
En 1976 et toujours pour une lire symbolique, les militaires cèdent le trois mâts au chantier vénitien qui, après une toilette sommaire, le propose à la vente.
C'est par hasard qu'un passionné de vieux gréements, le docteur Gosse, le retrouve. Grâce à une association (l'ASCANF), une grande banque française, la Caisse d'Epargne, rachète le dernier grand voilier en acier français afin de le ramener dans son pays d'origine. le 17 septembre 1979 le Belem arrive enfin à Brest remorqué par un bâtiment de la Marine nationale, l'Elephant.
En 1980, le Belem est donné à la fondation Belem créée la même année (et reconnue depuis d'utilité publique).
En 1984, Le Belem est classé monument historique.
Depuis, le Belem a entamé une nouvelle carrière de représentant de la marine à voile. Il prend à son bord des stagiaires de tous âges pour leur faire découvrir la navigation traditionnelle pour des stages de 2 à 10 jours. Il fait ainsi du cabotage le long des côtes françaises et européennes grâce au mécénat du Groupe Caisse d'épargne au travers de la Fondation Belem. Il participe aussi aux rassemblements internationaux de grands voiliers.
29 avril 2007
Les Templiers 4ème partie...et fin
La chute de l'ordre du Temple fait également l'objet d'une polémique. Elle serait le fait du roi de France Philippe IV le Bel qui aurait agi dans le but unique de s'approprier le trésor des Templiers.
Cependant, les raisons pour lesquelles l'ordre a été décimé sont beaucoup plus complexes et celles exposées ci-dessous n'en représentent probablement qu'une infime partie.
Les raisons
La chute de Saint-Jean d'Acre (28 mai 1291)
Une des premières raisons fut la perte de la ville de Saint-Jean d'Acre, qui entraîna celle de la Terre sainte.
En effet, le 28 mai 1291, les croisés perdirent Acre à l'issue d'une bataille sanglante. Les chrétiens furent alors obligés de quitter la Terre Sainte et les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n'échappèrent pas à cet exode.
Or, une fois en Occident, la question de l'utilité de l'ordre du Temple s'est posée car il avait été créé à l'origine pour défendre les pèlerins allant à Jérusalem sur le tombeau du Christ.
Le Temple, bras armé du pape
La plus célèbre des querelles entre un pape et un roi est sans doute celle qui a opposé Philippe IV le Bel à Boniface VIII, ce dernier ayant affirmé la supériorité du pouvoir papal sur le pouvoir temporel des rois, en publiant une bulle en 1302 : Unam Sanctam.
La réponse du roi de France arriva sous la forme d'une demande de concile aux fins de destituer le pape, lequel excommunia en retour Philippe le Bel et toute sa famille par la bulle Super Patri Solio.
Boniface VIII mourut le 11 octobre 1303. Son successeur, Benoît XI, eut un pontificat très bref puisqu'il meurt à son tour le 7 juillet 1304. Clément V fut élu pour lui succéder le 5 juin 1305.
Or, à la suite de la chute d'Acre, les Templiers se retirent à Chypre puis revinrent en France occuper leurs commanderies.
Les Templiers possédaient des richesses immenses, augmentées par les biens issus du travail de leurs commanderies (bétail, agriculture…) mais (surtout ?) ils possèdaient une puissance militaire équivalente à quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers entraînés au combat, force entièrement dévouée au pape. Par conséquent, une telle force ne pouvait que se révéler gênante pour le pouvoir en place. Il est à ajouter que les légistes royaux, formés au droit romain, cherchaient à exalter la puissance de la souveraineté royale. Or, la présence du Temple en tant que juridiction papale limitait grandement le pouvoir du roi sur son propre territoire. L'attentat d'Anagni est un des reflets de cette lutte des légistes pour assurer un pouvoir aussi peu limité que possible au roi. La position des légistes en tant que conseillers du roi a sûrement eu une influence sur Philippe le Bel.
La fusion du Temple et de l'Hôpital
Certains historiens prêtent une part de responsabilité dans la perte de l'ordre à Jacques de Molay, maître du Temple élu en 1293 à Chypre après la perte de Saint-Jean d'Acre.
En effet, suite à la perte d'Acre, un projet de croisade germa de nouveau dans l'esprit de certains rois chrétiens mais aussi et surtout dans celui du pape Clément V. Le pape désirait également une fusion des deux ordres militaires les plus puissants de Terre Sainte et le fit savoir dans une lettre qu'il envoya à Jacques de Molay en 1306.
Le maître y répondit par une autre lettre dans laquelle il s'opposait à cette idée, sans pour autant être catégorique. Cependant, les arguments qu'il avança pour étayer ses propres idées étaient bien minces …
L'arrestation des Templiers
Une action bien préparée
L'idée de détruire l'ordre du Temple était déjà présente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une procédure.
Ce fut chose faite grâce à un atout majeur déniché par Guillaume de Nogaret en la personne d'un ancien Templier : Esquieu de Floyran.
Celui-ci avoua en 1305 au roi de France les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et Philippe le Bel, personnage très pieux, fut choqué par de tels actes. Il écrivit donc au Pape pour lui faire part du contenu de ces aveux.
En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demanda une enquête pontificale au pape. Ce dernier la lui accorda le 24 août 1307.
Cependant, Philippe le Bel était pressé. Il n'attendit pas les résultats de l'enquête et dépêcha des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à l'arrestation massive des Templiers en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. Le but de cette action menée sur une journée fut de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter que ces derniers, alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupent et deviennent alors difficiles à arrêter.
Le vendredi 13 octobre 1307
Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénètrèrent dans l'enceinte du Temple de Paris où résidait le maître de l'ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. À Paris, il sera fait 138 prisonniers, en plus du maître de l'ordre.
Un scénario identique se déroula au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies furent arrêtés. Ils ne firent preuve d'aucune résistance. Quelques-uns réussirent à s'échapper avant ou pendant les arrestations.
Les prisonniers ont été enfermés pour la plupart à Paris, Caen, Rouen et au château de Gisors. Tous leurs biens furent inventoriés et confiés à la garde du Trésor royal.
Ceux qui en 1306 avaient recueilli Philippe IV le Bel pendant les émeutes de Paris se retrouvaient maintenant enfermés en attendant leur procès.
Le procès
Les interrogatoires et commissions d'enquêtes
Puisque tous les Templiers du royaume de France ont été arrêtés, Philippe IV le Bel enjoignit les souverains européens (Espagne et Angleterre) à faire de même. Tous refusèrent car ils craignaient les foudres du pape. Le roi de France n'en fut pas découragé et ouvrit donc le procès des Templiers.
Cependant, l'ordre du Temple était un ordre religieux et ne pouvait subir à ce titre la justice laïque. Philippe le Bel demanda donc à son confesseur, Guillaume de Paris, aussi Grand Inquisiteur de France, de procéder aux interrogatoires des cent trente-huit Templiers arrêtés à Paris. Parmi ces chevaliers, trente-huit moururent sous la torture, mais surtout le début des "aveux" avait été enclenché.
Parmi les pêchés revenant le plus souvent, l'Inquisition entendit parler du reniement de la Sainte-Croix, du reniement du Christ, de la sodomie et de l'adoration d'une idole (appelée le Baphomet). Seuls trois Templiers résistèrent à la torture et n'avouèrent aucun comportement obscène.
Afin d'essayer de protéger l'ordre du Temple, le pape Clément V fulmina la bulle Pastoralis praeminentiae qui ordonnait aux souverains européens d'arrêter les Templiers qui résidaient chez eux et de mettre leurs biens sous la gestion de l'Église.
De plus, le Pape demandait à entendre lui-même les Templiers à Poitiers. Mais, la plupart des dignitaires étant emprisonnés à Chinon, le roi Philippe le Bel prétexta que les prisonniers (soixante-douze en tout et triés par le roi lui-même) étaient trop faibles pour faire le voyage. Le pape délégua alors deux cardinaux pour aller entendre les témoins à Chinon (il en découla alors le fameux Parchemin de Chinon).
La première commission pontificale eut lieu le 12 novembre 1309 à Paris. Elle avait pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non comme personne physique. Pour ce faire, elle envoya dès le 8 août une circulaire à tous les évêchés afin de faire venir les Templiers arrêtés pour qu’ils comparaissent devant la commission. Un seul frère dénonça les aveux fait sous la torture : Ponsard de Gisy, précepteur de la commanderie de Payns. Le 6 février 1310, quinze Templiers sur seize clamèrent leur innocence et furent bientôt suivi par la plupart de leurs frères.
Le roi de France souhaita alors gagner du temps et fit nommer à l'archiépiscopat de Sens un archevêque qui lui était totalement dévoué: Philippe de Marigny (demi-frère d'Enguerrand de Marigny).
Celui-ci envoya cinquante-quatre Templiers au bûcher le 12 mai 1310 suite à leurs aveux extorqués sous la torture en 1307. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311.
Le concile de Vienne (16 octobre 1311)
Le concile de Vienne se tint le 16 octobre 1311 et recélait trois objectifs :
- statuer sur le sort de l'ordre
- discuter de la réforme de l'Église
- organiser une nouvelle croisade.
Cependant, lors du concile, quelques Templiers décidèrent de se présenter: ils étaient au nombre de sept et désiraient défendre l'ordre.
Le roi, voulant en finir avec l'ordre du Temple, partit en direction de Vienne avec des gens d'arme afin de faire pression sur Clément V. Il arriva sur place le 20 mars 1312.
Le 22 mars 1312, le Pape fulmina la bulle Vox in excelso qui ordonnait l'abolition définitive de l'ordre.
Pour ce qui est du sort des Templiers et de leurs biens, le pape fulmina deux autres bulles:
- Ad providam le 2 mai 1312, concernait les biens du Temple qui furent légués en totalité à l'ordre de l'Hôpital (à l'exception de l'Espagne et du Portugal, où deux ordres naquirent des cendres de l'ordre du Temple, l'ordre de Montesa et l'ordre du Christ)
- Considerantes dudum le 6 mai 1312 quant à elle, déterminait le sort des hommes:
- ceux ayant avoué ou ayant été déclaré innocents se verront attribuer une rente et pourront vivre dans une maison de l'ordre,
- tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiront un châtiment sévère (la peine de mort).
Toutefois, le sort des dignitaires de l'ordre du Temple restait entre les mains du pape.
Le sort des dignitaires
Une commission pontificale fut nommée le 22 décembre 1313. Elle était constituée de trois cardinaux et d'avoués du roi de France et devait statuer sur le sort des quatre dignitaires de l'ordre. Devant cette commission, ils réitérèrent leurs aveux.
Le 11 ou 18 mars 1314, les quatre Templiers furent amenés sur le parvis de Notre-Dame de Paris afin qu'on leur lise la sentence. C'est là que Jacques de Molay, maître de l'ordre du Temple, Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, Hugues de Pairaud, visiteur de France et Geoffroy de Goneville, précepteur en Poitou-Aquitaine apprirent qu'ils étaient condamnés à la prison à vie.
Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent déclarés relaps et devaient subir une autre sentence. Voici la description qu'en fit, dans sa chronique latine, Guillaume de Nangis, un chroniqueur de l'époque : "Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme à cette affaire, voilà que tout à coup et inopinément deux d'entre eux, le grand maître et le maître de Normandie, se défendirent opiniâtrement contre le cardinal qui avait prononcé le sermon et contre l'archevêque de Sens (Philippe de Marigny), revenant sur leur confession et sur tout ce qu'ils avaient avoué."
Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux Templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l'île aux Juifs afin d'y être brûlés vifs.
Geoffroi (ou Godefroi) de Paris fut un témoin oculaire de cette exécution. Il écrivit dans sa chronique métrique (1312-1316), les paroles du maître de l'ordre : "(...)Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort. (...)" Proclamant jusqu'à la fin son innocence et celle de l'ordre, Jacques de Molay s'en réfèra donc à la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jugé. Les deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignité qu'ils moururent. Guillaume de Nangis ajouta : "On les vit si résolus à subir le supplice du feu, avec une telle volonté, qu'il soulevèrent l'admiration chez tous ceux qui assistèrent à leur mort…".
La décision royale avait été si rapide que l'on découvrit après coup que la petite île où l'on avait dressé le bûcher ne se trouvait pas sous la juridiction royale, mais sous celle des moines de Saint-Germain-des-Prés. Le roi dût donc confirmer par écrit que l'exécution ne portait nullement atteinte à leurs droits sur l'île.
Retrouvez le texte original ainsi que ces auteurs grâce au lien suivant:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Ordre_du_Temple
26 avril 2007
Les templiers 3ème partie
Organisation de l'ordre
Hiérarchie
De gauche à droite : frères templiers en habit conventuel, en tenue militaire et un prêtre de l'ordre
Les Templiers étaient organisés tel un ordre monastique, suivant la règle créée pour eux par Bernard de Clairvaux. Dans chaque pays était nommé un maître qui dirigeait l'ensemble des commanderies et dépendances et tous étaient sujets du maître de l'ordre, désigné à vie, qui supervisait à la fois les efforts militaires de l'ordre en Orient et ses possessions financières en Occident.
Avec la forte demande de chevaliers, certains parmi eux se sont aussi engagés à la commande pendant une période prédéterminée avant d'être renvoyés à la vie séculaire, comme les Fratres conjugati, qui étaient des frères mariés. Ils portaient le manteau noir ou brun avec la croix rouge pour les distinguer des frères ayant choisi le célibat et n'avaient pas le même statut que ces derniers.
Les frères servants (frères casaliers et frères de métiers) étaient choisis parmi les sergents qui étaient d'habiles marchands ou alors incapables de combattre en raison de leur âge ou d'une infirmité. La grande majorité des Templiers, incluant les chevaliers et les maîtres de l'ordre, étaient incultes et illettrés, n'étant pas issus de la haute noblesse mais de familles plus obscures.
À tout moment, chaque chevalier avait environ dix personnes dans des positions de soutien. Quelques frères seulement se consacraient aux opérations bancaires (spécialement ceux qui étaient éduqués), car l'ordre a souvent eu la confiance des participants aux croisades pour la bonne garde de marchandises précieuses. Cependant, la mission première des Chevaliers du Temple restait la guerre.
Les maîtres de l'ordre du Temple
Dénomination
L'expression "grand maître" pour désigner le chef suprême de l'ordre est apparue à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle dans des chartes tardives et dans les actes du procès des Templiers. Puis, elle a été reprise et popularisée par certains historiens des XIXe et XXe siècles. Elle est aujourd'hui largement répandue. Or, ce grade n'existait pas dans l'ordre et les Templiers eux-mêmes ne semblaient pas l'utiliser. On note cependant dans des textes tardifs le qualificatif de "maître souverain" ou "maître général" de l'ordre. Dans la règle et les retraits de l'ordre, il est appelé "Li Maistre" et un grand nombre de dignitaires de la hiérarchie pouvaient être appelés ainsi sans l'adjonction d'un qualificatif particulier. Les précepteurs des commanderies pouvaient être désignés de la même façon. Il faut donc se référer au contexte du manuscrit pour savoir de qui l'on parle. En Occident comme en Orient, les hauts dignitaires étaient appelés maîtres des pays ou provinces : il y avait donc un maître en France, un maître en Angleterre, un maître en Espagne, etc. Aucune confusion n'était possible puisque l'ordre n'était dirigé que par un seul maître à la fois, celui-ci demeurant à Jérusalem. Pour désigner le chef suprême de l'ordre, il convient de dire simplement le maître de l'ordre et non grand maître.
Les sceaux templiers
Le mot sceau vient du latin sigillum signifiant marque. C'est un cachet personnel qui authentifie un acte et atteste d'une signature. Il existe une vingtaine de sceaux templiers connus. Ils appartenaient à des maîtres, hauts dignitaires, commandeurs ou chevaliers de l'ordre au XIIIe siècle. Leurs diamètres varient entre quinze et cinquante millimètres. Les sceaux templiers français sont conservés au service des sceaux des Archives nationales de France. Le sceau templier le plus connu est celui des maîtres de l'ordre "sigilum militum xristi" qui représente deux chevaliers armés chevauchant sur le même cheval.
Les Templiers et l'argent
Le prêt
Les Templiers devaient exercer une activité économique, commerciale et financière pour payer les frais inhérents au fonctionnement de l'ordre et les dépenses de leurs activités militaires en Orient. Cependant, il ne faut pas confondre cette activité avec celle de la banque. L'usure, c'est-à-dire une tractation comportant le paiement d'un intérêt, était interdite par l'Église aux chrétiens et de surcroît aux religieux[44].
Comme le dit l'Ancien Testament:
« Tu n'exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour l'argent, ni pour vivres, ni pour aucune chose qui se prête à intérêt. »
Les Templiers prêtaient de l'argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes... Le montant du remboursement était parfois supérieur à la somme initiale lorsqu'il pouvait être camouflé par un acte de changement de monnaie. Une façon courante de contourner l'interdit.
Lors de la croisade de Louis VII, le roi de France en arrivant à Antioche demanda une aide financière aux Templiers. Le maître de l'ordre, Evrard des Barrès, fit le nécessaire. Le roi de France écrivait à son intendant en parlant des Templiers, «nous ne pouvons pas nous imaginer comment nous aurions pu subsister dans ces pays [Orient] sans leur aide et leur assistance.(...) Nous vous notifions qu'ils nous prêtèrent et empruntèrent en leur nom une somme considérable. Cette somme leur doit être rendue (...).» La somme en question représentait deux mille marcs d'argent.
La lettre de change
L’activité financière de l'ordre prévoyait que les particuliers puissent déposer leurs biens lors d'un départ en pèlerinage vers Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle ou Rome. Les Templiers inventèrent ainsi le bon de dépôt. Lorsqu'un pèlerin confiait aux Templiers la somme nécessaire à son pèlerinage, le frère trésorier lui remettait une lettre sur laquelle était inscrite la somme déposée. Cette lettre manuscrite et authentifiée prit le nom de lettre de change. Le pèlerin pouvait ainsi voyager sans argent sur lui et se trouvait plus en sécurité. Arrivé à destination, il récupérait auprès d'autres Templiers l'intégralité de son argent en monnaie locale. Les Templiers ont mis au point et institutionnalisé le service du change des monnaies pour les pèlerins.
Le trésor des Templiers
Il s'agissait d'un coffre fermé à clé dans lequel étaient gardés de l'argent, des bijoux, mais aussi des archives. Ce coffre fort était appelé huche. Le maître de l'ordre à Jérusalem en effectuait la comptabilité avant que celle-ci ne soit transférée à la fin du XIIIe siècle au trésorier de l'ordre. Trois articles des retraits de la règle nous renseignent sur le fonctionnement financier de l'ordre. Le maître pouvait autoriser le prêt d'argent (sans intérêt) avec ou sans l'accord de ses conseillers selon l'importance de la somme. Les revenus provenant des commanderies d'Occident étaient remis au trésor du siège de l'ordre à Jérusalem.
Tous les dons en argent de plus de cent besants étaient concentrés dans le trésor de l'ordre. Les commanderies de Paris ou de Londres servaient de centres de dépôts pour la France et l'Angleterre. Chaque commanderie pouvait fonctionner grâce à une trésorerie conservée dans un coffre. Au moment de l'arrestation des Templiers en 1307, il a été retrouvé un seul coffre important, celui du visiteur de France, Hugues de Pairaud. L'argent qu'il contenait a été confisqué par le roi et a immédiatement rejoint les caisses royales.
La garde du trésor royal
Elle a débuté en 1146 lorsque Louis VII en partance pour la deuxième croisade avait décidé de laisser le trésor royal sous la garde du Temple de Paris. Par la suite, cela se développa, si bien que nombre de souverains firent confiance aux trésoriers de l'ordre.
Une autre grande personnalité, Henri II d'Angleterre, avait laissé la garde du trésor au Temple. Par ailleurs, de nombreux Templiers de la maison d'Angleterre étaient également des conseillers royaux.
Le patrimoine des Templiers
L'ordre du Temple possédait principalement deux types de patrimoine bâti: des monastères appelés commanderies situés en Occident et des forteresses situées au Proche-Orient et dans la péninsule ibérique.
La maison du Temple de Jérusalem
La maison du Temple de Jérusalem était le siège de l'ordre, où vivait le maître de l'ordre.
Les forteresses
Pour pallier à la faiblesse de leurs effectifs, les croisés entreprirent la construction de forteresses dans les États latins d'Orient. Les Templiers ont participé à cet élan en faisant édifier pour leur besoin de nouveaux châteaux forts. Ils entreprirent également de reconstruire ceux qui avaient été détruits par Saladin vers 1187 et acceptèrent d'occuper ceux que les seigneurs d'Orient (ou d'Espagne) leur donnaient faute de pouvoir les entretenir. Certains d'entre eux permettaient de sécuriser les routes fréquentées par les pélerins chrétiens autour de Jérusalem. Servant d'établissement à la fois militaire, économique et politique de l'ordre, la place forte représentait pour les populations musulmanes un centre de domination chrétienne[48]. Il est à noter également que les Templiers occupèrent un nombre plus important de places fortes dans la péninsule ibérique afin de participer à la Reconquista.
Après la chute de la ville de Jérusalem devant les forces de Saladin en 1187, les Templiers parvinrent à résister quelques mois dans certaines de leurs places fortes mais, peu à peu, en perdirent la plus grande partie.Il faudra attendre l'issue de la troisième croisade, menée par les rois de France, d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne, pour que les Templiers reconstituent leur dispositif militaire en Terre sainte.Dans le royaume de Jérusalem, les Templiers possédaient quatre forteresses: le château Pèlerin construit en 1217-1218, la forteresse de Safed reconstruite en 1240-1243, le château de Sidon et la forteresse de Beaufort tous deux cédés par Julien, seigneur de Sidon en 126.
Dans le comté de Tripoli, ils disposaient du château de Tortose reconstruit en 1212, d'Arima et du Chastel Blanc.Au nord, dans la principauté d'Antioche, les places fortes templières étaient Baghras (Gaston) récupérée en 1216, ainsi que Roche de Roissel et Roche-Guillaume qu'ils détenaient toujours, Saladin ayant renoncé à les conquérir en 1188.
En 1143, Raymond Béranger IV, comte de Barcelone, demanda aux Templiers de défendre l'église d'Occident en Espagne, de combattre les Maures et d'exalter la foi chrétienne. Les Templiers acceptèrent non sans réticence, mais se limitèrent à défendre et pacifier les frontières chrétiennes et à coloniser l'Espagne et le Portugal. Une nouvelle population chrétienne venait en effet de s'installer autour des châteaux donnés aux Templiers, la région étant pacifiée. La Reconquista fut une guerre royale. De ce fait, les ordres de chevalerie y étaient moins autonomes qu'en Orient. Ils devaient fournir à l'armée royale un nombre variable de combattants, proportionnel à l'ampleur de l'opération militaire en cours. Ainsi, les Templiers espagnols ont participé à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212. Au Portugal, les Templiers ont pris part à la prise de Alcácer do Sal, en 1217, à la prise de Valencia en 1238, de Tarifa en 1292, à la conquête de l'Andalousie et du royaume de Grenade.
L'action de l'ordre du Temple dans la péninsule ibérique fut donc secondaire, car l'ordre tenait à privilégier ses activités en Terre sainte. Cependant, il possédait bien plus de places fortes dans la péninsule ibérique qu'en Orient. En effet, on dénombre au moins soixante-douze sites rien que pour l'Espagne et au moins six pour le Portugal (on compte seulement une vingtaine de places fortes en Orient). C'est également dans cette zone que l'on trouve les édifices qui ont le mieux résisté au temps (ou qui ont bénéficié de restaurations), comme par exemple les châteaux d'Almourol, Miravet, Tomor et Peniscola.
A la différence de l'Orient et de la péninsule ibérique où les Templiers faisaient face aux musulmans, l'Europe de l'Est, où les ordres religieux-militaires étaient également implantés, les a confronté au paganisme. En effet, les territoires de la Pologne, de la Bohême, de la Moravie, de la Hongrie, mais aussi de la Lituanie et de la Livonie formaient un couloir de paganisme, constitué de terres sauvages en grande partie non encore défrichées, pris en tenailles entre l'Occident catholique et la Russie orthodoxe. Prusses, Lituaniens, Lives ou Coumans, encore païens, y résistaient à l'avancée - lente mais inexorable - du christianisme depuis plusieurs siècles. La christianisation catholique, qui nous intéresse ici, se faisait à l'initiative de la papauté mais avec le soutien des princes germaniques convertis (qui y voyaient l'occasion d'agrandir leurs possessions terrestres en même temps que de renforcer les chances de salut pour leur âme) et avec l'appui des évêques, notamment celui de Riga, qui tenaient en quelque sorte des places fortes en territoire païen.
Après la disparition en 1238 de l'ordre de Dobrin (officiellement reconnu par le pape Grégoire IX sous le nom "Chevaliers du Christ de Prusse"), qui avait procédé aux premières conversions, les Templiers se virent invités formellement à prendre pied en Europe orientale. À cet effet, furent octroyés à l'ordre trois villages le long de la rivière Bug ainsi que la forteresse de Łuków (qu'ils se virent confier en 1258, en même temps que la mission de défendre la présence chrétienne dans cette région). Tout au long du XIIIe siècle, la présence des Templiers en Europe orientale est allé en augmentant et on compta jusqu'à 14 établissements et 2 forteresses templières.
Cependant, les Templiers (tout comme les Hospitaliers, qui furent également présents en Europe orientale) cédèrent rapidement la place à l'ordre Teutonique dans la lutte contre le paganisme dominant ces régions reculées. Les deux ordres hésitaient à ouvrir un troisième front venant s'ajouter à ceux de la Terre sainte et de la péninsule ibérique, alors que l'idée première de cette installation aux frontières du christianisme était surtout de diversifier les sources de revenus afin de financer la poursuite des activités principales de l'ordre en Terre sainte.
Autre région d'Europe orientale, mais plus méridionale, la Hongrie dut faire face tout comme la Pologne aux invasions dévastatrices des Mongols aux alentours de 1240. Présents là aussi, les Templiers envoyaient des informations aux rois occidentaux sans pour autant arriver à les alerter suffisamment pour qu'une réaction volontaire et efficace ne soit déclenchée.
Les commanderies
Une commanderie était un monastère dans lequel vivaient les frères de l'ordre en Occident. Elle servait de base arrière afin de financer les activités de l'ordre en Orient et d'assurer le recrutement et la formation militaire et spirituelle des frères de l'ordre. Elle s'est constituée à partir de donations foncières et immobilières.Même si les dons étaient en majorité composés de biens fonciers ou de revenus portant sur des terres, les dons de rentes ou revenus commerciaux n'étaient pas négligeables. Par exemple, Louis VII céda en 1143-1144 une rente de vingt-sept livres établies sur les étals des changeurs à Paris.
Type de dons
Les dons pouvaient être de trois natures différentes :
- Donation pro anima: il pouvait s'agir d'une donation importante (qui était souvent à l'origine de la création d'une commanderie) ou alors d'un don foncier mineur ne portant que sur quelques parcelles. La motivation du donateur était d'invoquer le salut de son âme ou la rémission de ses pêchés.
- Donation in extremis: ce type de donation était réalisé en majeure partie par des pélerins agissant par précaution. Ils effectuaient ce don avant de partir en Terre sainte. Peu nombreuses, ces donations ont été vite remplacées par le legs testamentaire.
- Donation rémunérée : le donateur agissait dans le but de percevoir un contre-don. Il ne s'agissait pas exactement d'une vente mais plutôt d'un don rémunéré, assurant le donateur d'un avoir lui permettant de recevoir de quoi vivre. Le bénéficiaire (à cette occasion l'ordre du Temple) était également gagnant dans ce type de don, le contre-don étant d'une valeur inférieure. Le but de ce type de donation était de faciliter le processus de don, sachant que la cession de tout ou partie d'un bien foncier pouvait sérieusement entamer le revenu du donateur ou celui de ses héritiers. Il n'était pas rare d'ailleurs que certains conflits entre l'ordre et des héritiers surviennent en de pareils cas, le litige se réglant parfois par le biais de la justice.
Par essence, on peut citer tous les pays de l'Occident chrétien du Moyen Âge comme terres d'établissement de l'ordre du Temple. Ainsi, il y eut des commanderies templières dans les pays actuels suivants : France, Angleterre, Espagne, Portugal, Écosse, Irlande, Pologne, Hongrie, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas. De même, il existait des commanderies en Orient.
Selon Georges Bordonove, on peut estimer le nombre de commanderies templières en France à 700 La qualité de ces vestiges est très diverse aujourd'hui. Très peu ont pu garder intégralement leurs bâtiments. Certaines commanderies ont été totalement détruites et n'existent plus qu'à l'état archéologique. Seuls les documents d'archives et en particulier les cartulaires de l'ordre du Temple permettent d'attester de l'origine templière d'un bâtiment.
A suivre...









